Je fais un aparté dans la série "Maison" pour vous parler d'un sujet qui s'impose à moi doucement mais surement : la souffrance animale et par extension l'influence catastrophique (et je pèse mes mots) de l'Homme sur le monde animal (mais aussi végétal).

Je ne vais pas ouvrir un dossier d'un bon milliard de pages sur toute l'influence néfaste de l'Homme, c'est un sujet bien trop vaste. Je relate juste les impressions, les certitudes, les courants de pensée dont je suis témoin.

Comme tout humain, je suis orienté. Je suis ce qui m’intéresse, ce dont je me sens proche. Je suis abonné à Twitter depuis plusieurs années, d'abord pour poster des photos de voyage quand j'étais en vacances et que mon blog était plus compliqué à mettre à jour (je rappelle que Twitter est un logiciel/application/site de micro-blogging) puis pour suivre des gens (j'attends que Dieudeschats s'y mette ;-) ). Depuis quelques mois, je m'abonne à de plus en plus de gens ou d'organisations. Contrairement à ce beaucoup de gens pensent, on ne fait pas que laisser une phrase ou deux sur Twitter (140 caractères maxi) mais aussi des photos et des liens hypertextes. C'est une façon de dire "il y a un article intéressant ici" ou "une manifestation aura lieu à Nancy le 14/08, plus d'info dans le lien", donc comme le sujet d'un mail.

Bref, je ne vais pas vous recommander tous les gens que je suis ici, peut-être une autre fois. Reste que j'aime me tenir informé de ce qui se passe dans le monde et principalement dans le secteur des technologies (on ne se refait pas !), de l'environnement, du féminisme (et oui) et de l'Histoire. C'est ainsi que je suis abonné à CRAC (anti-corrida), à Charlie Hebdo, à Greenpeace (entre autres). Comme les bonnes nouvelles sont rares, il m'arrive le plus souvent de déprimer en voyant ce qui est fait à la planète.

Dernièrement, j'ai appris (toujours grâce à Twitter) qu'Arte diffusait une soirée sur le thème de la viande et de l'alimentation en général. N'ayant pas la télévision, j'ai attendu que les reportages soient disponibles sur Arte+7 (donc Internet). De ces films, je suis sorti renforcé dans mes conviction que la viande, il fallait s'en passer et que se nourrir que de végétal c'est possible.

Je ne reviendrai pas sur ces reportages, je vous invite à les retrouver sur YouTube, Vimeo et consort car ils ne sont plus diffusés sur Arte. Je retiens surtout que les animaux sont des "meubles" (loi française), ils n'ont qu'une existence éphémère, de misère, en camps de concentration (non, pas de point Goldwin ici !). Leur seul but et de finir dans notre assiette et même leur mise à mort est des plus révoltante (encore un point négatif pour ces religions que veulent du hallal, du casher, bien pratique pour les abattoirs car l'étourdissement fait baisser le taux de mise à mort à l'heure donc on se sert de ce prétexte pour saigner les animaux conscients ce qui fait que 50% de la viande en barquette provient de mort sans étourdissement). Ajouter à cela que la "production" de viande est en hausse (encore un signe du progrès social...), qu'elle engendre des problèmes de santé (cardio-vasculaires notamment mais aussi résistance aux antibiotiques administrés à forte dose aux animaux), qu'elle pollue (l'eau, les nappes phréatiques, les rejets de méthane, les déjections), et qu'elle consomme énormément d'eau, de céréales qui viennent parfois de l'autre bout de la planète, vous comprendrez pourquoi nous allons droit dans le mur. Ajoutez à cela que l'Homme est omnivore et pas carnivore (regardez vos dents, sans le feu comment aurions-nous fait ?) et que pendant des millénaires on se contentait que de rares protéines animales dans notre alimentation. D'ailleurs en Inde, plus de 70% de la population est végétarienne contre moins de 6% en France.

Je viens d'une famille rurale lorraine avec du "tout est bon dans l'cochon". Quand j'étais petit, c'était patates tous les jours avec souvent du cochon. Le dimanche, poulet ou lapin avec de la limonade, c'était la fête. Nous avions deux cochons qui passaient le misérable vie dans environ 9m². Les lapins dans les clapiers, les poules dehors dans une aire où avait disparue l'herbe depuis bien longtemps. Encore maintenant, mon père engraisse des poulets de chair dans une petite surface. Ces poulets sont sélectionnés dans une ferme pour qu'ils prennent un GMQ (gain moyen quotidien) optimal, du coup ils grossissent si vite que leurs os ne peuvent les soutenir, certains restent donc prostrés, attendant le doux coup de serpette final.

Un jour, voyant un reportage à la télévision sur les porcs, j'appris que c'était des animaux curieux et joueurs et que le manque de stimuli les rendaient agressifs et ils devenaient parfois cannibales. J'ai pensé à nos cochons et j'ai mis une chaîne au dessus de leur enclos. Sur cette chaîne j'ai accroché un bout de bois. Les cochons ont essayé de l'attraper, de jouer avec, ça leur faisait un léger passe-temps. Je crois que c'est de là que me vient cette approche au bien-être animal. D'ailleurs j'ai immédiatement été étiqueté "marginal" par ma famille, un animal ne pensait pas, ne ressentait rien, il ne vivait que pour nous nourrir.

Je ne critique pas ma famille, ils ont toujours vécu de la même façon, comme leurs parents. Bien-être animal ça ne voulait rien dire et soulevait des moqueries. Il est encore difficile de me faire comprendre, seule ma mère est sensible à mon discours, j'en remercie d'ailleurs Marie-Claude qui, étant extérieure, sait se faire comprendre et écouté (moi je reste le gamin, le benjamin, à quarante balais !).

Bref, leur dire que je tentais le végétarisme, ça les a fait bondir ! Déjà que l'on mange majoritairement bio ça passe plus ou moins bien mais se passer de viande c'est presque hérétique ! Même la viande bio, je n'en veux pas : les bêtes sont traitées de la même façon que dans une autre ferme et les vaches reformées le sont aussi vite que dans l'intensif (je vais chercher du lait à la ferme, les fermiers me le confirment : il faut gagner des sous, c'est ainsi et je ne peux malheureusement pas leur jeter la pierre).

Donc, avec Marie-Claude et nos enfants, nous essayons de nous passer de viande, au moins à la maison (quand on sort au restaurant ou dans la famille on fait comme tout le monde, en attendant que des menus végétariens apparaissent sur les menus). Pour me motiver, il me suffit de regarder Julien courir : bio, sain et toujours de bonne humeur (mais ça c'est son caractère !). Je vous invite d'ailleurs à suivre son ancien blog ici et le nouveau . Pour l'instant, nous continuons à manger des œufs, du lait et des poissons. Dans le futur, peut-être passerons-nous au niveau supérieur !