Mardi dernier, dans la soirée Thema sur ARTE était expliqué la pourquoi du comment de la course au moins cher : aujourd'hui tout est gratuit ou tend à le devenir : logiciels (freewares ou piratés), journaux, compagnies aériennes low cost, textile, musique ou vidéos. Tout cela est "offert" par la publicité ou par le piratage. Du coup, on a tendance à ne plus vouloir payer ou demander de grosse ristournes pour ce que notre bonne société a à nous offrir. Travaillant de temps en temps dans un magasin d'informatique, je vois souvent des gens qui souhaiteraient qu'on les dépanne gratuitement... mais oui et puis un beau jour nous mettrons la clef sous la porte après vous avoir bien servi. De toute façon, nous sommes dans la société du jetable, non ?

Bref, dans le reportage sur Arte sur les hard-discounters (Aldi, Lidl...), c'est un véritable dumping social qui est organisé et les employés n'ont autre choix que d'accepter les conditions qu'on leur soumet ou alors "il y a plein de gens qui sont prêts à vous remplacer". Lors d'une manifestation de personnes prêtes à dénoncer ces pratiques, un client a dit à peu près cela : "quand il s'agit de mon argent, j'oublie ma morale", donc exploitez les employés, faites des marges arrières, tuez les producteurs, mais faites en sorte que je fasse des économies. Seulement, ce n'est pas que le consommateur qui y gagne (si l'on peut dire car il paiera bientôt bien plus qu'il ne croit) mais bien les grands fauves bien tranquilles derrière leurs multinationales.

Avant ce reportage, bien que je sache déjà un peu comment étaient exploités les personnels de ces entreprises, je me rendais souvent dans ces magasins pour acheter du lait écrémé, entre autres (30 à 40% moins cher qu'en hypermarché) et là aussi je fermais les yeux tant que pouvais faire des économies (je gagne le Smic). Mais quand même, moralement je ne peux plus vivre comme ça : je prône le bio, l'écologie mais j'ai des pratiques encore trop consuméristes et ça fait bien longtemps que ça me dérange alors c'est décidé : je prendrais désormais du lait bio, quitte à payer trois fois le prix du lait "standard", j'en boirai moins et ça sera tout aussi bien. J'en profiterai aussi pour y regarder à deux fois avant d'acheter des produits pas chers car pas cher = pas solide, pas durable et souvent fabriqués pour une bouchée de pain, parfois par des enfants. Déjà Je regarde souvent d'où viennent les fruits et légumes que j'achète (j'embête beaucoup Nekibo avec ça) et j'évite les produits hors-saison ou venant d'autres pays/continents. Il faut parfois savoir ce que l'on veut : du durable ou du pas cher pas durable et pas costaud. Je veux vivre convenablement tout seul ou je veux que toute la société aille mieux, quitte à payer plus cher ?

Le dernier reportage sur Arte parlait des conditions de vie des animaux. Certains porcs ne voient jamais le ciel, vivent dans des conditions innacceptables. Des vaches sont tellement poussés à la production qu'elles ont désormais une vie "active" de plus en plus réduite et pas de retraite pour elles : direction l'abattoir. Merci et à bientôt dans nos assiettes.

A coté de ça, certains petits producteurs tentent de faire vivre leurs animaux dans des conditions bien meilleures : de la paille et de la place pour les cochons, des bovins qui produisent moins mais plus longtemps et des conditions d'abatage "en douceur" (on ne leur chante pas une chanson pour les endormir mais presque). Du coup c'est sûr, les prix s'en ressentent : trois fois plus cher mais la satisfaction de n'avoir pas une viande industrialisée chargée en antibiotiques et qui a certainement bien plus de goût que le pauvre animal anonyme XIK75FD né en France, engraissé en Italie, abattu en Pologne et découpé/conditionné en Belgique comme c'est souvent le cas.

Alors c'est sûr : manger bio n'est pas à la portée de tout le monde : les dépenses pour l'alimentation dans le budget moyen sont passées de 30% après la guerre à environ 13% aujourd'hui (si mes références de cours de BTS sont encore bonnes) alors que les dépenses en biens d'équipement, loisirs, ont explosées. Qui ne serait pas tenté pas cette télé Full HD de 42" à 1500€ ? Crédit sur un an et pendant que vous y êtes, vous reprendrez bien un bouquet satellitaire pour aller avec à 20 ou 30€ par mois ? Bref, devant cette surenchère de produits techno, cette corne d'abondance que notre société libérale nous promet à des prix toujours moins importants (quitte à exploiter les employés en bas de l'échelle ainsi que de faire vivre et mourir des animaux dans des conditions lamentables), je choisis de vivre mieux plutôt que de vivre avec ce credo du "toujours plus". Ca ne sera pas facile mais j'espère y arriver (difficile parfois de résister à l'influence des publicités et de la télé).

Pour les animaux, j'ai toujours voulu faire mon élevage de poulets en plein air, ainsi que des lapins comme dans "Jean de Florette" mais ce n'est pas pour tout de suite (j'espère y arriver quand même un jour)...