Je ne vais plus très souvent au cinéma, les critiques des films n'étant pas toujours très élogieuses et les blockbuster type Taxi n'étant pas vraiment ma tasse de thé. Je me suis pourtant rapidement décidé à aller voir La Cité Interdite car j'avais déjà bien aimé Tigre et Dragon et surtout Hero et comme le réalisateur était le même, c'était une bonne occasion de se faire plaisir.

Un peu différente de l'affiche américaine (le nom du film est "The curse of golden flower"), j'aime déjà bien l'affiche française ainsi que le thème et l'époque du film (époque des grand empereurs de Chine). Comme prévu, les décors sont magnifiques, très chargés, les espaces et les bâtiments grandioses tout comme le nombre des soldats, qui se comptent par milliers. Tout sent le faste, la minutie, chaque détail compte et est magnifié. Le rythme de la cour du roi est soutenue, les servantes ont un uniforme et la famille royale doit montrer l'exemple au point qu'elle est l'esclave du palais. On se rapproche fortement des cours européennes mais avec un millénaire de décalage. Voilà pour le décor, le fond.

L'histoire la voici : la femme du roi attend son mari dans la Cité Interdite, celui-ci l'oblige à boire régulièrement un remède qu'elle sait empoisonné. Le roi a eu trois enfants dont les deux derniers avec son épouse actuelle. L'aîné refuse de prendre la succession de son père au profit de son cadet, il préfère aimer une servante qui est la fille de la première femme du roi qu'il dit morte. Tout le monde ignore la vérité sauf la reine qui décide de mener campagne contre son mari, avec l'aide de son premier fils. Le coup de théâtre a lieu à la fin du film où le premier fils du roi apprends qu'il couche avec sa soeur (alors qu'il était aussi amant de sa belle-mère), la première femme du roi, bien vivante, meurt en voulant sauver sa fille qui devient folle en apprenant la vérité et une guerre intestine commence entre le père et ses fils...

Ca a l'air très compliqué comme ça et en sortant de la salle, j'ai dis à Nekibo que tout cela faisait très Shakespeare (je ne connais que Roméo et Juliette) mais à la puissance mille car les batailles qui éclatent à la fin engagent des milliers de soldats qui meurent comme un seul homme. Si, au début du film on ne voit pas bien où l'histoire va nous mener, le scénario décolle enfin après une heure de visionnage. La tension est palpable entre les membres de la famille royale car le code très strict qui régit la cour empêche tout débordement. Si 90% du film se passe dans les appartements royaux, les vues de la grand place de la Cité Interdite sont exploités au maximum : nombre incroyable de gens attroupés, pareterre de millions de chrysanthèmes, attaque des dorés contre les argentés et effacement de la bataille, nettoyage du sang à très grande échelle. La Cité Interdite est une cité immuable et ni les hommes ni les rois ne doivent changer son visage. Un bien beau film, moins épique que Hero (une référence d'après moi), beaucoup moins rempli de scènes de sabres ou d'épées mais où le sens esthétique atteint des sommets. Rien que pour ça le film mérite d'être vu.

Ma note :


La vie de la cour est rythmée par le passage des "annonceurs" qui souhaitent prospérité, etc.



Dans la famille royale je vous présente Ségolène la reine, à sa gauche son premier fils, à sa droite son beau fils et son deuxième fils.



Il est dit qu'à un certain jour (je ne sais plus lequel), il faut manger sur le toit, c'est ce qu'il vont faire.



Une des rares scène en "extérieur", le massacre de la famille du médecin du roi.



La grande scène de bataille : sur la place de la Cité Interdite, des boucliers géants empêchent les soldats du fils d'attaquer les soldats du père.



Le fils, justement, qui marave des centaines de soldats.