Blog Orphanis.com

lundi 13 novembre 2006

ADN, RFID, sécurité, etc. La suite

A la demande générale (ha ha, ça me fait toujours bien rire !), je continue mon billet précédent.

Donc, qu'en est-il de l'individu dans tout cette surveillance, ce climat sécuritaire où tout le monde est fiché grâce aux produits que nous achetons, nos traces bancaires et tout le toutim ? Et bien les gens en redemandent ! Enfin pas tous, une bonne partie de ceux qui ont peur (merci Sarko) et qui craignent les terroristes veulent plus de contrôles, plus de sécurité et de surveillance.

L'étape suivante est, comme pour les vaches, de se faire marquer grâce à une puce (RFID aussi). Des chercheurs ont déjà commencé à s'implanter ces appareils pour faciliter leur identification, ce qui permet par exemple d'accéder à des salles ou des ordinateurs sans taper un mot de passe, d'ouvrir des portes automatiquement, de faire dire à votre maison "Bonjour M. Dugenou" quand vous ouvrez votre porte d'entrée, voire même, dans un futur proche, au bar de vous préparer automatiquement votre scotch préféré (le technophile boit du scotch chez moi) ou un rail tout prêt à la junkie qui revient de son lycée de naze. C'est beau tout ça et ça va bientôt arriver.

Alors tout ça vous paraît encore lointain mais je sens que d'ici vingt ans tout au plus ça sera entré dans le quotidien des gens. D'abord on leur dira les avantages de ces puces et on commencera par les bébé : depuis la naissance ces puces contiendront le suivi médical de l'enfant (plus besoin de carte vitale) et à l'hôpital ils seront automatiquement reconnus et ainsi les erreurs seront désormais exclues. Par la suite, vous passerez la main devant un détecteur chez votre généraliste et hop il sera de suite votre passé médical. Ensuite on nous implantera d'autres puces : transport (puces SNCF, RATP ou votre propre voiture), notre employeur (comme cité plus haut, ce qui existe déjà). Pour le commerce, plus besoin de carte bleue (il faudra juste taper le code) et ainsi de suite.

En attendant la "super puce", on en aura peut-être quelques-unes dans le corps.

Alors tout cela ne prendra peut-être pas tant de temps que ça pour se généraliser. Comme les sociétés, les commerciaux sont malins, ils vont commencer par le "maillon faible" de la famille : l'enfant (pour les raisons citée plus haut) et puis grand-père et mamie qui sont seuls à la maison et qui n'auront qu'à appuyer sur un bouton dans leur main pour alerter les secours (je crois que ça existe déjà). Alors tout cela est très pratique et sera sans doute indispensable un jour (si si, comme pour le portable, la télé, Internet). Ce sera aussi très pratique pour surveiller tout ce petit monde : on pourra savoir en permanence où se trouve les gens : il suffira de disposer des bornes un peu partout. Chaque technologie a son revers de médaille et si des industriels et des pirates s'emparent de toutes ces informations qui vont transiter, je ne donne pas cher de notre peau (quand tout sera informatisé, qui pourra dire qui vous êtes réelement une fois qu'on aura fait du "vol d'identité" ?). Enfin, tout cela c'est pour plus tard. Je ne suis pas Mme Soleil mais je doute que Big Brother soit bien loin à présent.

Plus proche de nous, notre ordinateur nous surveille aussi et de plus en plus. Et quand ce n'est pas lui qui vous demande vos données personnelles, c'est vous qui lui donnez et le partagez sur Internet. Prenez Flickr qui vous propose de mettre vos photos à disposition de la communauté ou pire : Google qui se propose de stocker toutes vos données personnelles sur ses serveurs (espace de stockage géant, mots de passe, recherches sur votre PC, photos, etc.). Il paraît que la CIA s'intéresse de près à toutes ces données.

De plus en plus, votre ordinateur va vous surveiller (cookies, spyware, keylogger), vous brider par ses DRM (droit numériques liés à une oeuvre), servir à vos dépends (PC Zombies contrôlés par des pirates). Internet, espace gratuit et libre va être contrôlé par des multinationales (ICANN, Microsoft, Google) ou par des Etats (Chine, Iran, etc.). Les futurs logiciels Windows vont être verrouillés de tous les côtés et il va falloir montrer patte blanche pour y accéder, avant d'être prisonniers de ce système. Heureusement, il reste des systèmes libres dont Linux est le chantre mais je ne doute pas qu'un jour nous soyons tous esclaves de toute cette technologie et que le mot "anonyme" n'existe plus (on trouvera ça sans doute normal à ce moment).

Dans une enquête (il faudra que je la recherche), un certain nombre de points prévoit le futur de notre pays et de la technologie, il est ainsi montré que des technophobes vont apparaître. Pas des frileux des nouvelles technologies mais des gens qui rejettent cela car au lieu de rester un outil, la technologie va devenir notre maître. Il est possible que je sois de ceux-là...

vendredi 10 novembre 2006

Les nouvelles puces, la biométrie, l'ADN et la dérive sécuritaire.

Mardi soir, je suis allé à la mairie de mon village faire renouveller ma carte d'identité. La dernière que j'avais eue avait expirée il y a plus de dix ans et avait été remplacée par un passeport qui vient n'était plus valable depuis quelques semaines. J'étais assez rétissant à reprendre une carte d'identité car j'étais "fier" de ne pas en avoir eu depuis dix ans, c'est un peu mon coté rebelle qui ne fait pas comme tout le monde et puis ça étonnait toujours les gens de savoir que je n'avais pas ce bout de papier plastifié. J'étais presque marginal. Comme je devais reprendre des papiers d'identité (non, le permi de conduire n'est plus considéré comme papier d'identité) et que le passeport en plus de coûter 60€ (contre 350F il y a 10 ans) commençait à devenir biométrique (j'y reviendrai), je me suis finalement rabattu sur la carte d'identité (qui permet en plus de voyager dans toute l'Europe). Pourtant, quelle ne fût pas ma surprise quand la secrétaire de mairie me demandait une empreinte de mon index ! C'est nouveau ça ! J'admet ne pas être au courant de tout mais les dernières cartes que j'ai vu ne comportaient pas d'empreinte au dos.

Du coup c'est sûr, me voilà dans une base de donnée, au même titre que les criminels. J'attendais que la secrétaire me demande aussi de l'ADN, histoire d'être bien fiché par Big Brother.

Ma seule joie c'est de m'être brûlé le doigt il y a peu, du coup une partie de mon empreinte est "fondue" (comme Will Smith dans Men In Black qui fait disparaître ses empreintes dans un appareil). Me voilà presque incognito, enfin, dans mes rêves.

Car je ne me fais pas d'illusions, je suis, nous sommes de plus en plus fliqués et cela grâce à la technologie et ces politiques qui font règner un climat de peur de tout, qu'il s'agisse du terrorisme, maladies, banlieue, jeunes et j'en passe. Il va s'en dire que les prochaines élections vont tourner autout de l'insécurité comme en 2002 et que les deux plus grands prétentants au trône de France vont en faire leur cheval de bataille (Le Pen doit bien rigoler). Sarko a bien apprit de Bush pour ce qui est de faire peur et ça marche très bien en France, merci les médias qui font d'une souris une montagne.

Alors nous voilà entourés de caméras de surveillance, censés veiller à notre sécurité et faire règner l'ordre public contre la racaille. Les français sont pour du moment que c'est pour leur sécurité. Bien sûr. Reste que derrière chaque caméra il n'y a pas un policier qui est cloué derrière son moniteur (ça ferai des fonctionnaires en plus tiens) et que quand il se passe quelque chose c'est toujours trop tard (allez donc surveiller les rues de Paris ou le métro aux heures de pointe) et aucun logiciel n'est encore capable de repérer un visage particulier dans une foule. Mais ça viendra, n'en doutez pas. Alors on se dit que tout a c'est pour notre bien et que l'Etat ne peut pas surveiller tout le monde. Ben tient. On se dit aussi que des société totalitaires à la "Bienvenue à Gattaca" n'existeront jamais car les gens se rebelleront, que les citoyens ne se laisseront pas faire. Ben tiens. Parfois, dans les Guignols de l'info, PPDA interroge Sylvestre (l'icône de l'impérialisme américain) Patrick le Lay (patron de TF1) ou Sarkozy. Ceux-ci proposent des "évolutions" pour la sécurité, pour des émissions futures dans le genre "Et si on faisait un jeu, en prime time, filmé par mille caméras, où un sans-papier devait traverser une ville, trouver une carte verte ou un titre de nationnalité mais cent dingues, armés jusqu'aux dents feraient tout pour l'arrêter (cf : Running Man) ?" et PPDA de répondre "Ha non, vous êtes dingues, personne n'accepterai une chose pareille !". Du coup l'interwivé réponds "Ha non, ils sont pas encore prêts...". C'est de l'humour made in Guignols mais le pire est toujours à venir et ce qui nous semble inconcevable aujourd'hui sera notre pain quotidien demain. J'en mets ma main à couper.

Un grand pas commence à être franchi par des petits produits électroniques qui vont se substituer aux codes barres : les puces RFID. Derrière cette technologie bien pratique de puces communiquantes se cache une génial moyen de tous nous surveiller et d'en savoir long sur nous, nos habitudes alimentaires, nos hobbies voire même qui nous allons voter.

Pour ceux qui ne connaissent pas ces produits, je vais rapidemment vous expliquer à quoi ils vont servir : Ces puces contiennent des informations sur les produits que vous achetez : lieu de fabrication, date de péremption et traçage (pour les produits alimentaires), prix, sécurité contre le vol, etc. Ils sont normalement neutres mais on peut les faire "parler" grâce à un emmeteur qui va les faire communiquer par onde radio mais d'une portée de quelques mètres au maximum. Leur durée de vie est très longue vu qu'il n'y a pas de batterie et leur energie vient de l'appareil qui les interroge. Alors c'est très pratique quand vous allez faire vos courses car il n'y a plus besoin de passer les articles à la caisse car les produits se manifestent par eux même, du coup fini le travail rébarbatif des caissières, des hôtesses de caisse. De même, grâce aux frigos du futur, ce sont les produits eux-même qui diront s'ils sont en passe d'être impropres à la consommation ou qu'ils vont bientôt manquer et ils pourront demander au magasin de préparer leur achat futur. Wha, c'est un avenir tout rose bonbon qui s'annonce là, bientôt fini la corvée des courses le samedi et l'oubli de la moitié de ce que l'on avait prévu. C'est une vision idylique, magique même. Malheureusement, toute médaille a son revers et les industriels vont bien profiter de cette manne d'information. Et juste derrière les industiels c'est les gouvernements qui vont pouvoir nous "sécuriser" un peu plus.

Comme je vous l'ai dis, ces puces vont pouvoir emmetre à quelques mètres et un appareil adèquat pourra les faire parler où qu'ils soient. Rien n'empêche alors une société de sondage ou d'audit ou de suivi des consommation de faire un "ballayage" de toutes les puces RFID dans un quartier et de savoir ce que les gens achètent, regardent (bientôt des puces plus évoluées dans vos télés pourront très bien faire celà), lisent. Mais tout ça n'est qu'un début pour bien vous cibler et vous envoyer des publicités personnalisées. Mais je vous le dis encore, ce n'est qu'un début.

D'ailleurs, je vais arrêter ici pour cette première partie, déjà bien fournie et un peu fourre-tout. La seconde partie sera pour après-demain.

lundi 6 novembre 2006

Fourbissez vos armes

Je suis abonné depuis plusieurs semaines à l'émission Les Années Lumière en podcast (ou plus exactement, en baladodiffusion comme ils le disent très bien), programme québécois sur les sciences, la médecine et tout un tas de rubriques en relation avec ces matières suscitées. L'avantage par rapport aux programmes français de Radio France, c'est que des sujets très variés sont évoqués durant deux heures et j'aime bien avoir un autre point de vue des sciences ou de la société que notre pays, cela permet parfois d'élargir notre vision.

La semaine dernière, l'émission était en public, des invités parlaient de sujets comme la convention d'Ottawa, la politique environnementale du Canada, etc.

Un thème m'a pourtant un peu énervé (un peu, je ne vais pas me fâcher pour ça), c'est "la pandémie d'obésité" qui se développe sur toute la planète. Comme bien trop souvent, la presse adore employer des mots très forts, surtout pour des sujets graves. On retrouve ainsi des "escalades de la violence", des "bus fous" qui, incontrôlables, écrasent des passants, des "incroyables", "fantastiques" et autres "horribles", "catastrophiques" ou encore "apocalyptiques". Derrière tous ces mots, très forts, se cache sans doute une surenchère, une escalade des termes pour avoir un impact marquant sur le grand public. J'ai commencé à entendre des mots comme ça dans des reportages américains où des accidentés, des témoins de faits divers mentionnaient ce qu'ils avaient vu ou vécu, dans presque toutes leurs phrases un superlatif était tapi. Je trouvais cela déjà fort mais depuis quelques années je vois que nos bons gaulois utilisent de plus en plus ces mots et avant tous les autres : les journalistes. Bien sûr il faut vendre et la presse (télévisée en premier) se doit d'être "objective" (je ris de ce mot) mais doit se démarquer des autres journaux du 20h ou du 13h alors pour ça on fait comme les Fox News ou les NBC : on grossi tout pour que ça paraisse encore plus énorme.

On aura ainsi (si on est neutre) par exemple : "une jeune femme a été retenue prisonnière dans le foyer conjugal pendant un an" et si on écoute la presse : "une jeune mère de famille a vécu l'enfer dans son ménage car son époux la forçait à de multiples sévices extrêmement pénibles et dégradants sous les yeux de ses enfants horriblement marqués par cette épreuve". Bon, c'est un exemple sans cas concret, je pourrais ainsi parler de cette autrichienne retenue chez elle depuis quatorze ans (il me semble) et qui a vécu "l'enfer" (ce n'est pas trop ce qu'elle racontait mais on a un journal à faire vendre mon bon ami. Parfois j'ai l'impression que le Nouveau Détective ou Paris Match s'est invité à la télé. Le problème aussi, c'est d'entendre les gens dans la rue ou une amie qui trouve horrible d'avoir eu à supporter des chaussures un poil trop petites pendant une journée (c'était un vrai martyr alors qu'elle n'a même pas eu d'ampoules).

Bref, tout ça pour en venir à cette "pandémie d'obésité" dont nous rabâche la presse tant écrite que radiophonique ou télévisée. Je précise qu'une pandémie est une épidémie qui s'étend sur un ou plusieurs continents et qu'une épidémie est en 1 : une propagation subite et rapide d'une maladie ou en 2 (figuré) : apparition subite d'un quelconque phénomène nuisible non désiré. Bon, j'avoue que ce terme peut être appliqué à l'obésité mais je le trouve très fort car on le compare alors au SIDA, à la Grippe Espagnole ou à la peste noire, ce qui n'est pas rien.

Pour moi, l'obésité n'est pas une maladie mais une déviance, une conséquence du libéralisme et de notre société basée sur la consommation et l'individualisme ainsi que les mauvaises habitudes alimentaires qui en découlent grâce aux industriels et la télévision (je résume beaucoup mais tout est là). Si l'obésité est une maladie, elle est plus volontaire qu'accidentelle et ce sont nos habitudes qu'il faut surtout remettre en question.

Je soulève deux trois points souvent entendus dans les médias et qui expliquent cette altération de notre santé.

Premier point : la bouffe coûte cher et on ne fait plus la cuisine.

La cuisine prends cinq minutes si on veut faire vite et une bonne soupe est vite préparée (même celle en sachet ne coûte pas cher et n'est pas grasse). En outre, les produits frais, les fruits sont très économiques, permettent de se remplir l'estomac rapidement, sont très bons pour la santé. C'est surtout moins cher que les Mars, glaces et autres produits cuisinés qui sont souvent trop sucrés ou salés et qui donnent encore plus faim.

Second point : On mange trop.

Il faut manger moins (c'est facile à dire ça !), de se bouger un minimum, de laisser sa voiture au garage, de marcher un peu dans la campagne plutôt que de camper devant sa télévision et, si on a des enfants, de sortir avec eux et de les suivre dans leurs activités (ça a d'autres vertus aussi de faire cela).

Troisième point : Les industriels nous vendent de la merde et nos enfants sont influencés par les spots à la télévision.

Il faut couper la télé ou de couper le son (c'est instructif de voir les publicités et de les "décrypter" sans le son).

Bon, je vais pas donner de recettes miracles pour enrayer ce phénomène, c'est à chacun de se faire violence afin d'avoir un rythme de vie normal et naturel. C'est sûr que c'est bien plus facile d'acheter des produits tout faits, des chocolats très bons et de se planquer devant la télévision (ou l'ordinateur maintenant), à manger des chips, des pizzas et boire du coca. On dirait une caricature mais c'est pourtant bien réel, on voit ça tous les jours. Il est pourtant bien plus dur de ne pas manger de sucreries (pas seulement entre les repas), de faire la cuisine et d'éviter de passer la soirée devant la télévision. Difficile à faire alors que les médias adorent nous "cocooner".

Pour les pays en voie de développement, il paraît que l'obésité arrive aussi, là aussi le mode de vie à l'occidentale en est la cause ou plutôt cette sorte de mimétisme entre pauvres et riches et puis n'oublions pas ces satanés industriels qui ne manquent pas d'imagination pour vendre leurs produits.