Sans trop connaître le contenu du long métrage que j'allais regarder, je me suis rendu au cinéma hier après-midi, histoire de voir un film peu commun.

Pour le synopsis, je vous laisse aller voir sur Allociné ainsi que sur le site officiel.

Voilà un road movie comme je les aime. Par road movie j'entends des films comme "Une histoire vraie" de David Lynch ou (dans une moindre mesure) "Forest Gump" (si si), donc une sorte de voyage initiatique à travers un pays, à pied, à voiture ou en tondeuse à gazon et la rencontre avec plein de gens, bons ou mauvais, toute expérience étant bonne à prendre.

Que je vous raconte quand même l'histoire. Alex passe avec grand succès ses diplômes à la fac mais au lieu d'aller étudier ailleurs, il décide de vivre son rêve et de partir vers l'Alaska, loin de tout le monde moderne, la technologie et tout ce qui va avec. Il plante donc ses parents et sa soeur (c'est sa famille qui est à l'origine de son caractère marginal). On le retrouve alors sur la route, pris en stop par des hippies, un grand-père, des néerlandais. Alex n'est pas asocial, il est plutôt extrémiste et rien ne l'arrête dans sa démarche. On a droit à des beaux paysages, des lieux sublimes des Etats Unis et on remarque que l'américain des villes n'est pas l'américain des champs. La musique qui accompagne les images est pleine de poésie et les artistes qui chantent ne manquent pas d'inspiration, je m'attendais presque à entendre Renaud chanter "Société, tu m'auras pas".

Vient l'aboutissement de sa quête : l'Alaska où il trouve un bus perdu dans l'immensité, une chance de survie inespérée dans ce milieu pas si hostile qu'on croit. Alex vit comme il voulait, entouré de la nature sauvage et de ses livres qui ont donné un sens à sa vie. Au bout de quelques mois, il décide pourtant de rentrer, de retrouver les siens, de partager enfin son bonheur avec les autres, mais la nature ne rend pas forcément la tâche facile...

Le réalisateur, Sean Penn, a repris le livre "Voyage au bout de la solitude" de Jon Krakauer pour l'adapter au cinéma. Je trouve qu'il s'en est très bien sorti malgré quelques longueurs et une ou deux incohérences (tuer un élan avec une 22, n'exagéront rien !). C'est un film qui nous rapproche de la nature, qui nous permet de relativiser notre vie et notre société. Bien sûr, Alex a 22 ans quand il part, qui pourrait faire comme lui ? Nous ne serions pas nombreux à lever la main mais après ce film, quelques jeunes exaltés pourraient se laisser tenter, comme ces jeunes des années soixante. Je pense que nous devrions tous faire notre voyage, de préférence quand on est jeune, pour connaître d'autres lieux, d'autres vies, d'autres paysages, de se rendre compte que nous ne sommes pas grand chose, qu'avant de vivre la vie en petit il faut la voir en grand. Certains suivent le chemin de Compostelle pour cela (un de mes lecteurs se reconnaîtra), d'autres lisent. Marcher est une bonne idée, on va à son rythme et notre lenteur permet la réflexion (chose que la télé nous empêche de faire). Alex était trop loin dans son idée et la Nature l'a reprit mais rien ne nous retient de faire quelques kilomètres en pleine nature (sans téléphone et lecteur MP3), histoire de réfléchir, d'observer et, pourquoi pas, de faire des rencontres.

Ma note :



A voir sans hésiter si vous êtes réveur ou utopiste.


Et maintenant, quelques photos issues du film :

Alex vient d'obtenir son diplôme, ses parents et sa soeur sont fiers de lui.


Des hippies, sympas et sans attaches


Alex rencontre un vieil homme, arrivera-t-il à lui faire quitter sa vie ?


Beaucoup de ballade à pied.


Le "magic bus" où Alex vivra quelques mois.


Beaucoup de place pour marcher, chasser, comprendre.