Samedi soir, sur la Terre, je suis allé voir ce film/documentaire sur la planète. Je suis toujours à la recherche de belles images ainsi que de belles musiques qui vont avec et là j’ai été servi. Mais ça s’arrête là.

Je suis toujours très méfiant des commentaires liés aux documentaires, car l’anthropomorphisme est inévitable si l’on veut toucher tout le monde (les enfants en particulier). D’emblée, la première phrase de la narratrice (que je croyais être Monica Belluci) donne le ton : elle dit que parmi toutes les planètes de notre univers, seule la Terre a donné la vie. Mais qu’en sait-elle ? Chaque jour de nouvelles planètes sont découvertes (plus de 260 à ce jour) et combien sont encore indécelables et peuvent abriter la vie.

Souvent dans le film, le mot “miracle” (ou un synonyme) est employé. Certes, la Terre est un cas, la vie y est présente mais je doute que ce soit un miracle et il ne m’étonnerai pas qu’un beau jour on découvre le même phénomène sur d’autres planètes (la vie est présente dans des lieux tellement inhospitaliers sur Terre qu’elle est sans doute présente ailleurs). Bref, le côté biblique me dérange un peu.

Cette première phrase passée, on voit des animaux, beaucoup d’animaux, des milliers d’un coup et c’est très impressionnant. On voit le travail qu’il y a eu derrière, les heures à attendre le bon moment où le Soleil passe au bon endroit. C’est vraiment très joli et il n’y a pas à dire, c’est vraiment beau.

Mais je reviens à ce qui m’embête : il nous est montré des ours, des baleines, des éléphants et tous ont en point commun d’être à bout de force, d’être mort de faim, d’être en danger permanent. C’est un leitmotiv tout au long de ce film : montrer le malheur et ça commence tout de suite par l’ourse qui sort de la neige avec ses petits : elle est à bout de force tout de suite, mais on la retrouve une semaine plus tard (elle n’a sans soute pas mangé depuis) toujours à l’article de la mort. Franchement, les commentaires méritent vraiment d’être travaillés, on voit bien que le film est anglais/américain et que pour eux, les mots ne sont jamais assez forts. Bref, là aussi, ça énerve.

Evidemment et je ne le conteste pas, le réchauffement climatique étrangle pas mal d’espèces (en plus de la pression humaine). Tout le règne animal (et végétal) en souffre. Il faut changer nos habitudes pour préserver tout cela. Enfin, quand je vois les belles images très lointaines de ce film, tout cela me semble bien loin et puis on prêche un convaincu. De temps en temps, j’aimerai bien un journal des bonnes nouvelles, ça changerai.

Une dernière note : à un moment, un hélicoptère survole la toundra et il est mentionné qu’aucun arbre ne peut vivre ici et qu’il sont bien plus bas (par rapport au pôle) : la taïga. Or, en me couchant, j’ai regardé un épisode d’une vieille série TV qui passait dans les années 80 : l’Aventure des Plantes écrit par Jean-Pierre Cuny et Jean-Marie Pelt et, oh hasard ! il est dit que dans la toundra vit un arbre, un saule, tout petit, pas plus haut qu’un buisson, mais c’est un arbre. Donc, avant de dire des âneries, il convient de vérifier ses informations.

Bon, je ne vous cache donc pas que je suis sorti de la salle de cinéma un peu déçu. J’aurai préféré ne pas entendre les commentaires qui parlaient de « mamans» et de « bébés ». Le silence et la musique suffisent très bien magnifier notre planète.

PS : si quelqu’un a la cassette vidéo de « Sauvage et Beau» de Frédéric Rossif, je suis preneur. Comme documentaire animalier, il n’y a pas mieux, Frédéric Rossif (à qui l’on doit aussi « De Nuremberg à Nuremberg ») savait faire de beaux reportages et la musique de Vangelis était envoutante. Ma première expérience de cinéma, sans doute la plus marquante aussi.

re-PS : Sur le site du film, parmi les sponsors, on trouve Ford. Cette bonne entreprise, fabriquant les plus gros 4×4 se donne une bonne conscience pour se mettre “au vert”, j’apprécie…