Le sang se nourrit de sang. Mel Gibson semble l'avoir bien compris depuis ses derniers films. Le dernier en date : Apocalypto rivalise d'horreur avec Saw, nanar dégoutant où des cranes explosent, des tortures passent aussi bien sur grand écran que des snuff movies dans des vidéos clandestines.

J'avais vu Braveheart et bien aimé ce film. La scène de la torture et l’effusion de sang des batailles étaient déjà soulignées par de nombreuses critiques, pourtant ce film a eu des prix et tout allait bien.

Il y a quelques années, notre ami Mel a décidé de verser bien plus d'hémoglobine à travers "Passion" où le Christ était battu à mort à grand renforts de giclées de sang. Je n'ai pas vu ni cautionné ce film détestable, j'estimais que le message du Christ était "aimez-vous les uns les autres" et pas "pour aller au paradis, souffrez comme moi". L'"enseignement" de Jésus ne se limite pas à ses dernières heures, on n’est pas dans un film.


Donc, tout dernièrement, le dernier long métrage de Mel Gibson, Apocalypto, semble nous refaire le coup de la violence, de l'horreur. En très rapide résumé : un gars vit tranquillement en paix dans son village d'Amérique centrale quand des hommes couverts de tatouages viennent l'enlever. Il s'avère que ce sont des Mayas et qu'ils adorent retirer le cœur de la poitrine des prisonniers et les décapiter ensuite (l'inverse aurait été moins douloureux).

Déjà, premier point : les Mayas étaient bien moins sanguinaires que les Aztèques donc Mel se trompe un peu de peuple. Ensuite, comme dans ses autres films, ça coule, ça coule et ça coule. La violence est omniprésente mais on lui pardonnera tout car c'est monnaie courante en ce moment à Hollywood. A une nuance près pourtant.

Dans certains films, on ne montre pas la violence pour la violence ni pour des idéaux étrangers aux films. Dans Fight Club (film culte !), les coups de poing servaient le film et les démons intérieurs qui animaient Edward Norton n'étaient que violence et refus de la société (symbolisé d'ailleurs par Tyler, l'anti-gentil conformiste).

Alors je vais sans doute un peu vite en besogne mais vous n'êtes pas sans savoir que Mel Gibson est un fondamentalisme américain. Pour lui, la rédemption vient par la douleur. En gros, il faut souffrir pour arriver à la béatitude. Si le Christ est mort dans une douleur extrême et bien c'est par cette voie qu'il nous faut tous aller si l'on veut aller dans l'au-delà.

Si je continue un peu, je dirai que ce sont les juifs qui, en voulant se débarrasser de Jésus, l'on amené au supplice et que leur perte (ou plutôt les conséquences des persécutions à venir) viendrait de cet acte. Ainsi, en tuant William Wallace (Le libérateur dans Braveheart), les anglais signaient leur arrêt de mort (idéologiquement, tout du moins) et enfin dans Apocalypto, la fin d'une civilisation viendrait de cet excès de violence contre les prisonniers.

Alors je ne réclame pas la fin des effusions de sang, des boyaux qui se répandent sur le macadam mais qu'on laisse ça aux films de genre (série B, films d'horreur, etc.). Tout n'était pas violence en ces temps troublés, les Mayas et les Aztèques ont battis de grandes cités, étaient experts en astronomie, en mathématiques et des pans entiers de leur culture nous sont encore inconnus. Alors c'est vrai que je parle d'un film que je n'ai pas vu mais si les gens, en sortant de la salle ont plus en tête les scènes de sacrifice que le reste du film, je ne retirerai pas ce que je dis ici.

(Voir aussi l'article de Télérama de cette semaine)