On trouve de tout sur YouTube, des montages faits à la webcam, des petites animations sympas, des scènes non montées dans des films (voir la scène de l'hôpital dans Blade Runner) ou des clips musicaux impossibles à trouver ailleurs que là ou sur les réseaux peer to peer.

C'est justement le cas d'Alan Parsons, l'un de mes artistes préférés. J'ai connu ses musiques quand j'étais petit et quand mon frère ainé passait ses 33 tours sur sa chaîne HI-FI. C'était dans les années 80, j'avais presque dix ans et je commencais à me former, musicalement parlant (tout le reste était en avance, si si, j'vous jure). Alors j'entendais The Alan Parsons Project dans la chambre d'à côté et Pink Floyd, Jean Ferrat et pas mal de classique chez mon autre frère (y a certains titres qui font peur, voir note à venir). Donc ce sont mes frères et soeurs qui m'ont initié à la bonne musique et mes références d'alors sont toujours les mêmes aujourd'hui (je suis vieux jeu parfois).

Donc Alan Parsons est à la base un ingénieur du son, il a travaillé avec les Beatles puis Pink Floyd (notamment sur l'album magique "The Dark Side of the Moon") et s'est mis à son compte avec le chef d'orchestre Andrew Powell et Eric Woolfson pour former "The Project", d'où le nom.

Alan Parsons ne chante pas, ou alors très peu. Il fait la voix qui annonce "The Raven" dans Tales of Mystery and Imagination mais laisse en général son ami Eric Woolfson aux commandes de nombreux titres. De nombreux autres chanteurs prêteront leur voix dans les quelques douze albums du projet.

Alan parsons travailla aussi sur la bande originale du film "Lady hawke" entouré de son chef d'orchestre attitré : Andrew Powell. Loin d'être parfait, cette bande originale a mal vieilli, les accord et notes sont parfois démodées.

Leur premier album est l'un des dernier que j'ai écouté (j'ai dù faire des recherches quand mon frère a quitté la maison) : "Tales of Mystery and Imagination", hommage à l'écrivain Edgar Allan Poe. Je me souviens surtout de Pyramid, l'un des seuls album que je peux écouter en boucle et que je connais par coeur. Le morceau "In the lap of the gods" réflète à lui seul l'Egypte comme je me l'imagine (une Egypte idéalisée, pour sûr).




Viennent ensuite plusieurs albums dont le très connu "Eye in the Sky" qui comprends plusieurs tubes dont certains passent encore à la radio aujourd'hui.



Certains albums, méconnus (vous saviez qu'il existait vous, Alan Parsons ?) sont de pures merveilles et sont reprises pour des introductions à des rencontres sportives

"Sirius" - Eye in The Sky - 1982

Pas trop électroniques au début, Andrew Powell s'en donne à coeur joie et c'est parfois un orchestre symphonique entier qui joue les morceaux chantés par Eric Woolfson.
"Dont Answer Me" - Ammonia Avenue - 1984

Dans les années 90, Alan Parsons fait cavalier seul et la musique devient plus électronique, moins mélodieuse et le timbre si particulier d'Eric Woolfson disparaît, remplacé par des chateurs de talents mais la sauce ne prends plus. De beaux morceaux subsistent pourtant et les albums s'envollent vers des concepts plus "aériens" comme "On air" ou "Time Machine".
"Jigue" - Try Anything One - 1993

Le dernier album en date "The valid Path" est un demi échec, il n'apporte rien et la musique électronique est omniprésente. Cet album est un concept à lui seul. A écouter si vous êtes curieux. Parallèlement à ce parcours, Eric Woolfson et Andrew Powell lancent "Freudiana", un album comme je les aime, avec beaucoup de morceaux symphoniques. Peu connu, il a eu un beau succés en Allemagne où des concerts ont eu lieu dans des salles mythiques.
"Far Away From Home" - Freudiana - 1990

Des concerts d'Alan Parsons ont eu lieu en 1994, hélas je ne le savais pas et j'ai manqué l'un des rares concerts à ne justement pas manquer (j'avais déjà loupé "Pulse" de Pink Floyd à Strasbourg, grosse gaffe). Reste des vidéos trouvés justement sur YouTube dont le montage de "What Goes Up" de l'album Pyramid qui reprend des extraits du film "Immortal" qui colle très bien à la musique. Un régal !
"Whats Goes Up"

"Old an Wise", concert d'Alan Parsons.

The Time Machine, l'un des dernier "bons" morceaux d'Alan Parsons.

Enfin "The Raven", montage pour le premier album.

Si certains titres ont un peu vieilli aujourd'hui, je trouve qu'ils échappent à une majorité de titres des années 80. Alan Parsons n'a jamais fait d'albums "commerciaux" même si certaines pistes sont restées pendant des années en tête des ventes. L'avantage avec des orchestres symphoniques, c'est que la musique ne s'use pas, elle se détache des modes, tout comme les chansons de Jacques Brel. Ce n'est pas de la variété, pas de types qui dansent avec de la musique fait en cinq minutes sur un ordinateur. Je pense que dans trente ou quarante ans (si mes oreilles fonctionnent encore), je continuerai à écouter The Alan Parsons Project avec le même plaisir.