Je suis abonné depuis plusieurs semaines à l'émission Les Années Lumière en podcast (ou plus exactement, en baladodiffusion comme ils le disent très bien), programme québécois sur les sciences, la médecine et tout un tas de rubriques en relation avec ces matières suscitées. L'avantage par rapport aux programmes français de Radio France, c'est que des sujets très variés sont évoqués durant deux heures et j'aime bien avoir un autre point de vue des sciences ou de la société que notre pays, cela permet parfois d'élargir notre vision.

La semaine dernière, l'émission était en public, des invités parlaient de sujets comme la convention d'Ottawa, la politique environnementale du Canada, etc.

Un thème m'a pourtant un peu énervé (un peu, je ne vais pas me fâcher pour ça), c'est "la pandémie d'obésité" qui se développe sur toute la planète. Comme bien trop souvent, la presse adore employer des mots très forts, surtout pour des sujets graves. On retrouve ainsi des "escalades de la violence", des "bus fous" qui, incontrôlables, écrasent des passants, des "incroyables", "fantastiques" et autres "horribles", "catastrophiques" ou encore "apocalyptiques". Derrière tous ces mots, très forts, se cache sans doute une surenchère, une escalade des termes pour avoir un impact marquant sur le grand public. J'ai commencé à entendre des mots comme ça dans des reportages américains où des accidentés, des témoins de faits divers mentionnaient ce qu'ils avaient vu ou vécu, dans presque toutes leurs phrases un superlatif était tapi. Je trouvais cela déjà fort mais depuis quelques années je vois que nos bons gaulois utilisent de plus en plus ces mots et avant tous les autres : les journalistes. Bien sûr il faut vendre et la presse (télévisée en premier) se doit d'être "objective" (je ris de ce mot) mais doit se démarquer des autres journaux du 20h ou du 13h alors pour ça on fait comme les Fox News ou les NBC : on grossi tout pour que ça paraisse encore plus énorme.

On aura ainsi (si on est neutre) par exemple : "une jeune femme a été retenue prisonnière dans le foyer conjugal pendant un an" et si on écoute la presse : "une jeune mère de famille a vécu l'enfer dans son ménage car son époux la forçait à de multiples sévices extrêmement pénibles et dégradants sous les yeux de ses enfants horriblement marqués par cette épreuve". Bon, c'est un exemple sans cas concret, je pourrais ainsi parler de cette autrichienne retenue chez elle depuis quatorze ans (il me semble) et qui a vécu "l'enfer" (ce n'est pas trop ce qu'elle racontait mais on a un journal à faire vendre mon bon ami. Parfois j'ai l'impression que le Nouveau Détective ou Paris Match s'est invité à la télé. Le problème aussi, c'est d'entendre les gens dans la rue ou une amie qui trouve horrible d'avoir eu à supporter des chaussures un poil trop petites pendant une journée (c'était un vrai martyr alors qu'elle n'a même pas eu d'ampoules).

Bref, tout ça pour en venir à cette "pandémie d'obésité" dont nous rabâche la presse tant écrite que radiophonique ou télévisée. Je précise qu'une pandémie est une épidémie qui s'étend sur un ou plusieurs continents et qu'une épidémie est en 1 : une propagation subite et rapide d'une maladie ou en 2 (figuré) : apparition subite d'un quelconque phénomène nuisible non désiré. Bon, j'avoue que ce terme peut être appliqué à l'obésité mais je le trouve très fort car on le compare alors au SIDA, à la Grippe Espagnole ou à la peste noire, ce qui n'est pas rien.

Pour moi, l'obésité n'est pas une maladie mais une déviance, une conséquence du libéralisme et de notre société basée sur la consommation et l'individualisme ainsi que les mauvaises habitudes alimentaires qui en découlent grâce aux industriels et la télévision (je résume beaucoup mais tout est là). Si l'obésité est une maladie, elle est plus volontaire qu'accidentelle et ce sont nos habitudes qu'il faut surtout remettre en question.

Je soulève deux trois points souvent entendus dans les médias et qui expliquent cette altération de notre santé.

Premier point : la bouffe coûte cher et on ne fait plus la cuisine.

La cuisine prends cinq minutes si on veut faire vite et une bonne soupe est vite préparée (même celle en sachet ne coûte pas cher et n'est pas grasse). En outre, les produits frais, les fruits sont très économiques, permettent de se remplir l'estomac rapidement, sont très bons pour la santé. C'est surtout moins cher que les Mars, glaces et autres produits cuisinés qui sont souvent trop sucrés ou salés et qui donnent encore plus faim.

Second point : On mange trop.

Il faut manger moins (c'est facile à dire ça !), de se bouger un minimum, de laisser sa voiture au garage, de marcher un peu dans la campagne plutôt que de camper devant sa télévision et, si on a des enfants, de sortir avec eux et de les suivre dans leurs activités (ça a d'autres vertus aussi de faire cela).

Troisième point : Les industriels nous vendent de la merde et nos enfants sont influencés par les spots à la télévision.

Il faut couper la télé ou de couper le son (c'est instructif de voir les publicités et de les "décrypter" sans le son).

Bon, je vais pas donner de recettes miracles pour enrayer ce phénomène, c'est à chacun de se faire violence afin d'avoir un rythme de vie normal et naturel. C'est sûr que c'est bien plus facile d'acheter des produits tout faits, des chocolats très bons et de se planquer devant la télévision (ou l'ordinateur maintenant), à manger des chips, des pizzas et boire du coca. On dirait une caricature mais c'est pourtant bien réel, on voit ça tous les jours. Il est pourtant bien plus dur de ne pas manger de sucreries (pas seulement entre les repas), de faire la cuisine et d'éviter de passer la soirée devant la télévision. Difficile à faire alors que les médias adorent nous "cocooner".

Pour les pays en voie de développement, il paraît que l'obésité arrive aussi, là aussi le mode de vie à l'occidentale en est la cause ou plutôt cette sorte de mimétisme entre pauvres et riches et puis n'oublions pas ces satanés industriels qui ne manquent pas d'imagination pour vendre leurs produits.